Archive for the ‘Pensées politiques’ Category

Si j’ai bien tout compris…

Samedi, Juillet 12th, 2008

Si j’ai bien tout compris, le pouvoir d’achat est le problème du moment dans nos sociétés. A tel point que le gouvernement s’est même penché sur le sujet, avec une vraie communication digne d’un grand groupe industriel et tout et tout (logique puisque ce sont des professionnels venant de grands groupes de communication qui s’en chargent;, directement commandités par Matignon voire l’Elysée itself). Au programme, pour les étudiants, une petite ristourne économique pour ceux qui travaillent. Dans les exemples cités sur la page, on note ce que notre gouvernement appelle “une sympathique ristourne”, certes on ne va pas s’en plaindre, mais pour un étudiant qui se bat entre ses frais scolaires, d’appart et de tout ce qui s’en suit, on reste en mode survivor quand même. Néanmoins je me dois d’applaudir le projet de frais de caution pour la location d’un logement, seul un mois est désormais nécessaire et le projet Locapass reste intéressant à suivre. Quant au reste, les projets paraissent intéressants, certains proches de l’utopie, d’autres, réalisables pour ceux qui bossent…

Parce que de toutes façons, ces plans n’apportent d’avantages qu’à ceux qui travaillent limite en plein temps. Ben oui, pas cons, il faut bien démontrer l’innovant slogan “travailler plus pour gagner plus”. Je prends par exemple le projet de l’Indice de Référence des Loyers :

Le nouvel indice de référence des loyers correspond désormais à la moyenne, sur les douze derniers mois, de l’indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers (article 9 de la loi du 8 février 2008 pour le pouvoir d’achat). (source)

Parce que ne déconnons pas quand même, ceux qui vont faire bouger l’indice de prix, ce sont ceux qui ont déjà les sioux, l’étudiant, le chômeur, ben eux justement, ils vont continuer à devoir choisir entre leur loyer ou leur bouffe, car ils sont un peu minoritaires par rapport au reste de la populace.

Et puis tiens d’ailleurs, en parlant de la bouffe et de la communication, la vague du pouvoir d’achat a même réussi à faire vibrer les marketeux des grandes enseignes de la grande distribution. Mais seulement eux, certainement parce qu’ils avaient une campagne de pub en retard, et qu’il fallait bien trouver quelque chose pour éviter de se retrouver à la place de ceux qu’ils prétendent défendre. Parce que rembourser la TVA comme le propose le cheval de bataille d’un leader mondial, ça parait bien au départ, mais quand on constate que c’est seulement sur quelques produits signalés en magasin ça commence déjà à couiner. Et puis bon, faut aussi que ça améliore leur pouvoir d’achat à l’enseigne, pas cons. Du coup, tu te retrouves à payer la TVA en moins (la 5.5 ou la 19.6 ? Ahah la bonne blague, parce qu’ils ne le disent pas, ça !), mais tu compenses en payant l’augmentation. Il faut parler au porte-monnaie des consommateurs comme dirait certains, et ils ont raison les bougres, c’est que ça marche très bien. Tiens, pour améliorer mon pouvoir d’achat, la météo de l’année dernière n’a pas aidé les récoltes, et on annonce une augmentation de bon nombre de produits, dont la bière. Merde alors, comment il va faire le bon français pour encourager son équipe de foot nationale en buvant une bière devant sa télé avec chaînes câblées (vu que Sarko veut taxer ça aux dernières nouvelles) ?

Enfin tout ça, c’est seulement si j’ai bien tout compris…

Quand l’e-sport avance, le gouvernement recule…

Samedi, Decembre 2nd, 2006

Dans le cadre du projet de loi sur la prévention de la délinquance, trois députés ont déposé un amendement visant à interdire les jeux vidéo à caractère violent ou pornographique. Etait-il vraiment nécessaire d’aller jusque-là ?

Du nouveau dans la législation des jeux vidéo : un amendement au projet de loi sur la prévention de la délinquance, déposé par trois députés UMP, prévoit l’interdiction pure et simple des jeux vidéo particulièrement violents. Actuellement, une simple signalétique à l’initiative des industriels, de type « interdit aux moins de 18 ans », est apposée sur les étiquettes de ces jeux : rien de véritablement contraignant. Le projet de loi de Nicolas Sarkozy sur la délinquance prévoyait déjà de rendre plus restrictif ce système : la vente ou la location serait interdite aux mineurs et toute transgression serait sanctionnée par le retrait du produit.

Bernard Depierre, Lionel Luca et Jacques Remiller, les trois députés UMP, ont une proposition plus radicale : ils demandent l’interdiction totale, à la vente ou à la location, des jeux jugés trop violents. « Les signalétiques ne servent à rien : un mineur peut très bien se procurer ce type de jeu par l’intermédiaire d’un adulte », affirme Bernard Depierre. « Il ne s’agit en aucun cas de censure, ajoute le député, mais il existe un véritable danger avec ces jeux, notamment un risque de confusion entre le virtuel et le réel. Il suffit de voir ce qui s’est passé en Allemagne récemment, où un jeune homme adepte de jeux de guerre a déclenché une fusillade dans un collège ».

Emmanuel Forsans, directeur de l’AFJV (Agence Française pour le Jeu vidéo), ne nie pas les problèmes liés à l’existence de ces jeux ultraviolents, mais pour lui, il ne sert à rien de les interdire : « La véritable difficulté, c’est l’accès à ces jeux, qui n’est pas assez restreint », ajoute-t-il. « Dans la grande distribution, notamment, la caissière ne peut pas contrôler tous ses clients ». Pour lui, la solution réside donc dans un contrôle plus strict de la vente : « il faudrait éviter de vendre ces jeux dans des magasins non spécialisés comme les supermarchés et mieux former les vendeurs ».

Entre mesures radicales et solutions plus conciliantes, le débat est lancé. Si nul ne nie (comme Marianne l’a souvent indiqué) que certains jeux peuvent avoir des incidences, il ne faudrait pas oublier qu’à partir de 12 ans (et souvent avant) les enfants sont des As de l’informatique. A ce titre, qu’il s’agisse du contrôle parental ou de n’importe quelle signalisation, l’effet escompté risque de s’inverser. Le plus simple, en matière d’informatique, reste le bon vieux dialogue familial…

(source)

A l’heure où les LAN parties et autres évènements numériques commencent à se démarquer par leurs intêrets de “compétition” au sens propre du terme, notre gouvernement nous propose ainsi de faire un retour en arrière.
Revenons en 2002/2003, une époque pas si lointaine, où le terme “LAN party” faisait transition entre “réunion de joueurs hyper-drogués et violents” et “compétition à part entière avec une organisation sophistiquée derrière”. Cette période fut l’un des principaux déclencheur du mouvement “e-sport” auprès du tout public en France, qui découvre alors que son idée fixée sur les nombreuses embûches médiatiques du tout “joueur de Counter-Strike - WoW - Tetris est un méchant drogué serial-killer” est fausse, et que mine de rien, le principal intêret des joueurs est aussi bien un esprit de “compétition” que “divertissant”.

Cet évènement n’y est pas pour rien dans la relation qu’ont les associations organisatrices de ce type d’évènement.
A l’heure où de nombreuses mairies barricadaient les portes de leurs villes à ce genre d’organisation, appuyées par les idées données dans le dernier JT de 20h, il est tout de même plus facile aujourd’hui d’en parler. L’opinion public ayant certes gardé en mémoire ses bases “violentes” voire assimiliées à des sortes de “Rave Parties” (véridique !). Cette ouverture d’esprit a permis au mouvement de s’étendre à un public moins “élitiste”, et ainsi conforter chacun dans l’idée que bah mine de rien, une LAN reste un week-end/une soirée de détente et de compétition organisée, avec un côté humain en plus et où l’on ne déplore pour l’instant aucun problème de violence entre les joueurs :-)

Néanmoins, cette idée d’assimiler les “jeux violents” à la haute délinquance reste exagérée, bien que réaliste sous certains points (les jeux à la “GTA” n’y sont pas non plus pour rien), risquant de refermer pas mal de portes aux évènements associatifs, qui par une image sombre, seront soit contraints d’interdire certains types de jeux (et malheureusement très joués en compétition) au risque de décevoir un public qui souhaite que le mouvement grandisse, soit contraints de mettre à terme leurs “bonnes relations” de côté, comme avant, l’opinion publique gardant ce que les médias veulent bien leur faire incurgiter.

Emprunts: quand la santé fait avancer les choses

Lundi, Novembre 27th, 2006

Pour une fois, en France… :

Huit millions de Français seraient concernés : grâce à un nouveau projet de loi, les personnes souffrant de problèmes lourds de santé (faiblesses cardiaques, hypertension, cancers, Sida…) ne devraient plus se voir refuser les crédits dont jusqu’ici l’ouverture était soumise à l’examen d’un questionnaire de santé discriminant. Le ministre de la santé a présenté lors du Conseil des ministres du 22 novembre ce projet de loi qui fait écho à la convention Aeras du 6 juillet dernier entre le gouvernement, les fédérations professionnelles de la banque, de l’assurance et de la mutualité, et les associations de malades.

Il s’agit donc, selon les termes du président de la République, « que les personnes malades ou qui l’ont été puissent plus facilement accéder à l’assurance ou à l’emprunt ». Les mesures prises entreront en vigueur le 1er janvier 2007 : elles rendent possible l’acquisition d’un bien immobilier, de produits de consommation… Dans le cadre des crédits à la consommation, les moins de cinquante ans pourront emprunter jusqu’à 15 000 euros sans avoir à remplir de questionnaire médical, le plafond des prêts immobiliers sera élevé à 300 000 euros (au lieu de 250 000), les risques d’invalidité seront mieux couverts, le poids des surprimes d’assurance pour état de santé déficient sera réduit grâce à la mise en place d’un mécanisme de mutualisation, tout refus devra être dûment motivé. Une instance de médiation est prévue pour régler les litiges éventuels.

Le président de la République a ainsi motivé l’initiative : « Etre malade ou l’avoir été, ce n’est pas la vie qui s’arrête. Il faut continuer à vivre et à faire des projets. C’est une question de justice. »

(selon Agoravox)
…nos chers ministres se donnent la peine de nous pondre une bonne loi :-)

Allez, après ça, on rattrape notre faillite nationale et tout ira bien, au boulot !