Archive for Juillet, 2010

“Ne pas éviter de faire de choses qui semblent impossibles aujourd’hui”

Mardi, Juillet 20th, 2010

C‘était l’une des phrases de conclusion des reportages géniaux diffusés sur Arte ce soir. D’ailleurs pour les cancres, le rattrapage est dispo ici: http://www.arte.tv/digitalbomb/

Le reportage met l’accent, à mon goût, sur la division médias traditionnels-Internet. Et il a raison le bougre. “On prend aujourd’hui Google et YouTube comme si ils existaient depuis des siècles” disait un des protagonistes, et pourtant il est vrai que ces médias sont pourtant tout neuf. En fait, ils redéfinissent le cercle de diffusion de l’information par l’interaction entre l’information elle-même, et ses auditeurs. On s’en sent même plus proche.

J’aime avoir l’interaction entre ce que je regarde et d’autres utilisateurs, j’aime pouvoir publier mes photos en deux en trois mouvements sur le net et avoir des commentaires portant sur l’actualités qu’elles transmettent quelques heures après. Mais un autre point soulevé reste aussi le problème qu’avec toute cette masse d’informations disponible, et bien il faut trouver la bonne, ou la plus pertinente, et cela désolé, mais c’est NSFW (Not Safe For Work). L’arrivée des protagonistes d’Internet a cantonné désormais l’information au sens qu’elle n’est plus seulement manipulée par les médias de masse, et qu’elle est donc triée sur le volet et vérifiée, mais que tout le monde peut-être acteur de l’information, même si cela passe par les entrailles de la désinformation.

Alors oui, l’interaction, c’est cette chose qui à mon avis fait que l’information est bien plus évoquente pour soi, et cela YouTube, Twitter, AgoraVox pour les francophones, l’ont bien compris. Ce que je lis ou ce que je vois a été réalisé par monsieur tout-le-monde, et est “jugé” sur des plate-formes communautaires qui permettent à la fois de débattre, mais aussi d’éventuellement conserver l’objectivité et de vérifier la véracité des informations. Twitter en a été un très bon exemple lors des élections en Iran. Et en fait si on prend ces sites comme existant depuis des siècles, c’est parce qu’ils répondent à la demande toute conne de “je suis curieux de ce qui se passe dans le monde, et ceci m’est accessible plus facilement que par les médias de monopole (TV, journaux, radio) puisque je choisi les sujets”. En gros: je m’informe à souhait. Le responsable rédaction d’un magazine (il me semble que c’est Wired dans le reportage) dit que l’avantage qu’à un journal papier, c’est sa rédaction, son recul sur un sujet mené par des experts. J’y ajouterai certes la joie de pouvoir aussi toucher le papier. Mais le problème est aussi autre: si certains survivent (je pense à Wired et GQ par exemple), c’est par leur contenu. Acheter un quotidien ne m’intéresse plus, j’ai les mêmes infos à disposition et même certainement plus complètes via WikiNews, Twitter. Par contre, lorsque je m’intéresse à quelque chose qui fait débat, là l’avis d’expert du journal papier m’intéresse afin d’avoir de nouvelles billes pour pouvoir jouer dans le débat, et c’est ça qui fait la différence. Je pense d’ailleurs que le reportage d’Arte ne fait pas le point là-dessus (ou alors j’ai raté un chapitre) par pûr choix. A mon avis, face au numérique, la presse papier doit faire un nouveau choix: celui de ne plus seulement annoncer les faits, mais celui d’apporter des pierres à l’édifice. Et les exemples sont nombreux. Je vais ici prendre l’exemple du choix de mon futur téléphone portable. Cool, j’ai déjà quelques bases qu’Internet m’a apporté, mais j’hésite entre allez, trois modèles. Et bien là à mon avis, l’information disponible sur Internet ne m’est plus utile, parce que tous les débats meneront à différentes écoles, et on tombera dans le débat sans fin digne du PC vs Mac. C’est là que l’avis d’un expert m’intéresse, et c’est là que la presse écrite peut encore m’apporter du contenu inédit, sous condition qu’il respecte son rôle d’information et non de propagande, puisque je ne fais plus que m’informer, je reprends le débat avec des paramètres qui faisaient de l’homo-erectus curieux que je suis, un homme capable de reprendre position. Et c’est ça qui fait encore la force du papier.

P.S: Pour ceux qui veulent critiquer mes lectures, le numéro de mon fax est disponible sur la porte de sortie ;-)

Holy sh*t (journal d’un taupin) - Chapitre final.

Mardi, Juillet 13th, 2010

1h du mat’, je percute. Je viens de recevoir mon bulletin de notes, et la décision “ajourné défitivement” est tombée. Ok, je le savais avant. Et il y avait ce petit espoir de “et si…“. Et bien il tombe à l’eau. Je percute que mon rythme de travail de taré, les savoirs à profusion, les gens super-intéréssants que j’y ai croisé, tous ces petits plaisirs, que la réussite qui s’enchaine avec trois années de raccrochage réussies, c’est fini. (si vous voulez d’ailleurs débattre avec moi sur le travail = plaisir allez-y). Du moins, c’est entre parenthèse. Changer de formation, changer de vie. J’espère juste que l’année qui arrive ne sera pas le même film en version “remontée plus léger”. Peur de l’ennui. Cet ennui qui m’avait fait entre autres décrocher une première fois.

Bien évidemment on m’a dit de ne pas prendre tout ça pour un échec, que j’ai récupéré un niveau honorable à la sortie. Sur le bulletin, on ne m’ajourne que pour les maths. Rien que pour les maths.

S’en prendre à soi-même, se dire des “qu’est-ce que j’ai merdé pendant l’année ?”, et se remettre en question négativement sur ses capacités. Essayer de remonter la pente après une telle déception ? Il parait que dans l’alpinisme il faut savoir garder ses émotions dans le corridor et continuer quand on est au milieu d’un sommet. Sauf que là je suis encore épuisé physiquement et mentalement après cette année, où je n’ai pas enchainé les emmerdes que sur le plan scolaire. Je me sens à la fois assuré dans cette nouvelle escalade par une ré-orientation, mais celle-ci voudra que je finisse dans les majors de ma future promotion pour rejoindre un peu plus haut le sommet que j’ai tenté de grimper cette année. Et pour cela il faudra que j’y croive. Y croire…

La partie une de Echoes des Pink Floyd s’achève, la coulée de larmes mentales avec, ce billet aussi. On the road again.