Archive for Decembre, 2006

Quand l’e-sport avance, le gouvernement recule…

Samedi, Decembre 2nd, 2006

Dans le cadre du projet de loi sur la prévention de la délinquance, trois députés ont déposé un amendement visant à interdire les jeux vidéo à caractère violent ou pornographique. Etait-il vraiment nécessaire d’aller jusque-là ?

Du nouveau dans la législation des jeux vidéo : un amendement au projet de loi sur la prévention de la délinquance, déposé par trois députés UMP, prévoit l’interdiction pure et simple des jeux vidéo particulièrement violents. Actuellement, une simple signalétique à l’initiative des industriels, de type « interdit aux moins de 18 ans », est apposée sur les étiquettes de ces jeux : rien de véritablement contraignant. Le projet de loi de Nicolas Sarkozy sur la délinquance prévoyait déjà de rendre plus restrictif ce système : la vente ou la location serait interdite aux mineurs et toute transgression serait sanctionnée par le retrait du produit.

Bernard Depierre, Lionel Luca et Jacques Remiller, les trois députés UMP, ont une proposition plus radicale : ils demandent l’interdiction totale, à la vente ou à la location, des jeux jugés trop violents. « Les signalétiques ne servent à rien : un mineur peut très bien se procurer ce type de jeu par l’intermédiaire d’un adulte », affirme Bernard Depierre. « Il ne s’agit en aucun cas de censure, ajoute le député, mais il existe un véritable danger avec ces jeux, notamment un risque de confusion entre le virtuel et le réel. Il suffit de voir ce qui s’est passé en Allemagne récemment, où un jeune homme adepte de jeux de guerre a déclenché une fusillade dans un collège ».

Emmanuel Forsans, directeur de l’AFJV (Agence Française pour le Jeu vidéo), ne nie pas les problèmes liés à l’existence de ces jeux ultraviolents, mais pour lui, il ne sert à rien de les interdire : « La véritable difficulté, c’est l’accès à ces jeux, qui n’est pas assez restreint », ajoute-t-il. « Dans la grande distribution, notamment, la caissière ne peut pas contrôler tous ses clients ». Pour lui, la solution réside donc dans un contrôle plus strict de la vente : « il faudrait éviter de vendre ces jeux dans des magasins non spécialisés comme les supermarchés et mieux former les vendeurs ».

Entre mesures radicales et solutions plus conciliantes, le débat est lancé. Si nul ne nie (comme Marianne l’a souvent indiqué) que certains jeux peuvent avoir des incidences, il ne faudrait pas oublier qu’à partir de 12 ans (et souvent avant) les enfants sont des As de l’informatique. A ce titre, qu’il s’agisse du contrôle parental ou de n’importe quelle signalisation, l’effet escompté risque de s’inverser. Le plus simple, en matière d’informatique, reste le bon vieux dialogue familial…

(source)

A l’heure où les LAN parties et autres évènements numériques commencent à se démarquer par leurs intêrets de “compétition” au sens propre du terme, notre gouvernement nous propose ainsi de faire un retour en arrière.
Revenons en 2002/2003, une époque pas si lointaine, où le terme “LAN party” faisait transition entre “réunion de joueurs hyper-drogués et violents” et “compétition à part entière avec une organisation sophistiquée derrière”. Cette période fut l’un des principaux déclencheur du mouvement “e-sport” auprès du tout public en France, qui découvre alors que son idée fixée sur les nombreuses embûches médiatiques du tout “joueur de Counter-Strike - WoW - Tetris est un méchant drogué serial-killer” est fausse, et que mine de rien, le principal intêret des joueurs est aussi bien un esprit de “compétition” que “divertissant”.

Cet évènement n’y est pas pour rien dans la relation qu’ont les associations organisatrices de ce type d’évènement.
A l’heure où de nombreuses mairies barricadaient les portes de leurs villes à ce genre d’organisation, appuyées par les idées données dans le dernier JT de 20h, il est tout de même plus facile aujourd’hui d’en parler. L’opinion public ayant certes gardé en mémoire ses bases “violentes” voire assimiliées à des sortes de “Rave Parties” (véridique !). Cette ouverture d’esprit a permis au mouvement de s’étendre à un public moins “élitiste”, et ainsi conforter chacun dans l’idée que bah mine de rien, une LAN reste un week-end/une soirée de détente et de compétition organisée, avec un côté humain en plus et où l’on ne déplore pour l’instant aucun problème de violence entre les joueurs :-)

Néanmoins, cette idée d’assimiler les “jeux violents” à la haute délinquance reste exagérée, bien que réaliste sous certains points (les jeux à la “GTA” n’y sont pas non plus pour rien), risquant de refermer pas mal de portes aux évènements associatifs, qui par une image sombre, seront soit contraints d’interdire certains types de jeux (et malheureusement très joués en compétition) au risque de décevoir un public qui souhaite que le mouvement grandisse, soit contraints de mettre à terme leurs “bonnes relations” de côté, comme avant, l’opinion publique gardant ce que les médias veulent bien leur faire incurgiter.